Acteur d’aujourd’hui, Engagé pour demain !

Quatre hommes souriants, dont Michel Berreur, assis autour d'une table lors d'un événement mondain, reflétant une atmosphère chaleureuse et conviviale, symbolisant les liens et les rencontres enrichissantes dans le monde du spectacle.

Immense honneur de recueillir pour vous les confidences de mon ami Michel Berreur, Acteur, Cascadeur et adepte des Arts Martiaux.

Vous l’avez découvert auprès d’Alain Delon, de Jean-Paul Belmondo ou de Roger Moore.

Retour sur une carrière d’exception, conseils pour ceux désireux d’évoluer et regard sur l’avenir.

Portrait en noir et blanc de Michel Berreur, un acteur et cascadeur reconnu, également adepte des arts martiaux, posant en kimono blanc avec un regard confiant vers la caméra.

Quelle est ta perception du monde d’aujourd’hui ?

Ce monde d’aujourd’hui, je le quitterai sans regrets. Je ne me retrouve pas dans cette époque déstructurée à tous les niveaux, ou le respect et la solidarité font cruellement défaut. Je pense sérieusement à m’expatrier …

Ne pensez pas que je sois négatif pour autant, je pense qu’on nous pousse à le devenir ! Malgré tout, je sais que lorsque chaque être se sent en décalage avec l’énergie là où il vit, il lui faut accélérer le changement pour un mieux-être.

Je crois qu’on peut vivre des années dans un pays, y trouver des amis, un équilibre et puis, un jour, les paramètres changent et il faut s’engager pour un ailleurs autrement.

La vie est un film, nous demeurons acteurs pour ne jamais la subir. Il nous faut veiller à l’embellir, quelles que soient les conséquences de ce cheminement.

– Travailler chaque jour à réenchanter sa vie,

plus qu’une option, c’est un devoir d’Homme

Comment ton métier d’acteur te permet de prendre du recul et d’avoir une autre vision ?

Ce métier d’acteur est très difficile, contrairement à ce que beaucoup pensent. Plusieurs facteurs peuvent expliquer une réussite, mais la véritable clé, c’est avant tout d’avoir beaucoup de chance. Ensuite, apprendre la patience, car il faut parfois attendre longtemps entre deux films et ce n’est pas toujours évident de faire face à des impondérables matériels. Exception faite pour les stars dont les contrats sont très bien rémunérés !

Au-delà de cela, mon métier m’a appris ce pouvoir de distanciation, celui que tu apprends également à tes consultants, Kris. C’est un outil formidable, qui n’a rien à voir avec la distanciation sociale que nous subissons depuis plus d’un an…

Cette approche qu’on apprend dans le domaine du théâtre, nous permet de regarder la scène avec un regard détaché pour analyser notre propre rôle, la situation. C’est une façon de rentrer dans le jeu, tout en gardant un certain recul, de manière à ne pas être impacté par l’énergie dégagée par chacun.

Le spectateur seul, doit ressentir l’émotion et notre état nous amène à sortir très vite de cette phase d’interprétation, pour revenir à la réalité. Endosser un rôle, c’est s’approprier véritablement la peau de son personnage et savoir en sortir le moment venu. Apprendre à se détacher de certains scénarios peut prendre du temps parfois, comme dans la vie lorsqu’une scène vient réactiver des blessures passées ou des épreuves déjà vécues. Cette intensité me parait toujours être difficilement mesurable avant la fin du tournage …

– Le vrai pouvoir de distanciation comme

outil de détachement pour faire face aux évènements

Être cascadeur, c’est anticiper le danger, les mauvaises réceptions ? Comment gérais-tu ce processus ? Y allais-tu sans peur ou toujours avec différentes options en tête ?

Le métier de cascadeur a beaucoup évolué, mais je préférais ce qu’il était avant. Pour les cascades difficiles, il est normal d’avoir peur. Cela prouve au moins qu’on conscientise le danger !

Un excellent cascadeur prendra moins de risques pour un même résultat. La peur ne doit jamais nous paralyser : elle ne peut qu’être un moteur, car ce n’est pas un métier de casse-cou. Le travail est à la fois individuel, également dans la relation à l’autre. Nous nous positionnons toujours en quête du geste parfait. Force, technicité, précision et vitesse sont de mise pour des mouvements répétés des milliers de fois.

En cela ma formation d’Arts Martiaux m’a été très utile. Elle m’a permis de modifier fondamentalement ma perception de l’adversaire, d’appréhender le combat autrement, donner un sens à la lutte, établir des stratégies parfaites pour réaliser les chutes et les sauts. A force de concentration, on parvient à transformer son tempérament, et par conséquent, notre nature de base. On devient serein et plus réactif aussi ! On gagne en estime de soi et plus sûr, nos émotions s’apaisent naturellement pour ne plus gouverner nos vies.

Aujourd’hui plus qu’hier, face à la recrudescence de violence, il faut trouver un exutoire. L’agressivité, l’intimidation ne sont jamais des moyens, encore moins une preuve d’affirmation de soi. Eliminer ces énergies intérieures en travaillant sur soi, sur son souffle, à la perfection du geste accompli : ce processus est libérateur. On ne cherche à vaincre l’autre, mais, on vise à s’élever dans le respect de l’autre, c’est pourquoi on commence déjà par un simple geste de salut.

– Les Arts Martiaux pour garder le contrôle et canaliser ses émotions…

Quels seraient les conseils que tu aimerais formuler à la jeune génération qui veut s’engager dans cette voie ?

Ce métier de cascadeur a été créé pour doubler les comédiens ! Il fallait pour cela disposer de qualités physiques au-dessus de la moyenne et savoir prendre et gérer les risques.

Parmi les critéres très importants, certaines qualités physiques ressortent comme primordiales : la taille notamment. Si vous mesurez plus de 1m85 ou moins de 1m70, vous n’aurez pas grand monde à doubler. Puis, il faut avoir une discipline sportive bien maîtrisée, qui puisse être utile au cinéma : arts martiaux – pour les chutes et bagarres – équitation, comme Mario Luraschi ou Rémy Julienne spécialiste, auto-moto, gymnastique et acrobaties. Enfin, l’interprétation s’acquiert par des cours d’arts dramatiques qui complètent notre formation initiale. En réalité, peu de gens le savent, en France, seule une vingtaine de Cascadeurs vivent réellement de ce métier…

Comme pour toute personne à la recherche d’un emploi, je serais tenté de dire : disposez d’une bonne culture générale, ensuite, soyez de bons experts dans un domaine rare car, c’est cette qualité qui fera votre différence et votre force.

-La rareté des talents devient votre valeur

Pour toi, quel est le rôle de l’intuition dans le métier d’acteur ?

Je ne sais pas si je parlerais d’intuition, mais plutôt d’un travail préparatoire de visualisation pour anticiper une éventuelle mauvaise réception. Tout se définit dans le mental en premier lieu : on revit des centaines de fois la scène dans sa tête, avec toutes les options possibles. On mémorise les paramètres de bascule, les contraintes et les coéquipiers.

L’instinct, présent comme un filet de sécurité, survient dans l’instant, sur les lieux du tournage. Il m’a évité de mauvaises postures, permis de redresser certaines situations, aussi de sécuriser mes partenaires.

Une fonction seule ne suffit pas en soi. Comme dans la vie, c’est ce melting-pot de méthodes et un travail acharné qui révèlent la perfection et la beauté du geste.

Quel regard portes-tu sur le monde du cinéma d’hier ?

Comment le vois-tu évoluer ? Sens-tu déjà les attentes des spectateurs ?

– Le cinéma de demain devra se créer une nouvelle signature :

plus éthique, inventif et précieux.

Qu’as-tu envie de transmettre aux générations futures ?

Que transmettre aux futures générations, si ce n’est le patrimoine culturel que nous laisserons.

Avec l’élégance, le respect et l’éducation. Même s’il a eu quelques exceptions …

L’intelligence de la bonne conduite dans la vie, de la rigueur, revenir aux fondamentaux, tout en allant de l’avant vers une forme de sagesse rationnelle, en phase avec les évolutions que nous vivons.

Reconnaitre avec courage, notre vulnérabilité, notre fragilité face à ce monde en perpétuel changement ; accepter de ne pas tout savoir, car sans la prise de conscience de nos propres limites, aucune évolution ne peut se construire durablement.

Trouver l’équilibre en soi, c’est barrer à la route à toute forme de conflit intérieur ou extérieur, c’est se déconnecter de nos souffrances, pour se relier avec justesse à la vie sacrée, celle que nous portons et transmettons comme une étincelle.

En cela, mon ami Claude Carliez, un maitre d’armes extraordinaire et un fin pédagogue qui m’a formé, a été mon phare. C’est grâce à cet homme que j’ai pu, à mon tour, transmettre mon expertise à des jeunes dans le métier, avec l’espoir, que par la suite, ils sachent en faire bénéficier les générations futures.

– Chaque lien d’amour tissé, ne se brise jamais.

Dans le palais du hasard, nous sommes nés.

Que retiendras-tu de cette incarnation et à ton sens, pour quelles valeurs devons-nous toujours nous battre ?

Les valeurs à défendre sont celles que nous ont transmis nos parents et grands-parents : le goût du travail bien fait, le pardon, la transmission de nos connaissances et de notre histoire, la grande Histoire et celle de nos aïeux.

Apprendre à aimer, à savoir se faire aimer et être reconnu pour ses qualités de cœur et ses compétences professionnelles.

Ce sont des notions simples. L’humilité est, de mon point de vue, une vertu que chaque homme devrait porter en soi et rayonner pour plus d’humanité dans ce monde.

Le bonheur en héritage, loin d’être utopique, devrait être enseigné dès le plus jeune âge à l’école.

Chaque lien d’amour tissé, ne se brise jamais. Dans le palais du hasard, nous sommes nés. Dieu ou l’Univers, nous rappellera à lui, le moment venu.

Je partirai en laissant échapper de ma main des graines de bonheur pour leur donner une chance de germer : que chacun puisse le savourer et le transmettre à son tour.

Filmographie

Cinéma

Télévision

  • 1969 : Les Eaux mêlées (téléfilm) de Jean Kerchbron
  • 1971 : Quentin Durward (série télé) de Gilles Grangier
  • 1971 : Le voyageur des siècles de Jean Dréville
  • 1971 : La Dame de Monsoreau (mini-série) de Yannick Andréi
  • 1971- 1974 : Schulmeister, Espion de l’Empereur de Jean-Pierre Decourt
  • 1973 : Karatekas and co d’Edmond Tyborowski, série télévisée en six épisodes, avec Jean Marais
  • 1973 : Joseph Balsamo (mini-série télé) avec Jean Marais
  • 1973 : L’hiver d’un gentilhomme de Yannick Andréi
  • 1974 : À trois temps de Jean Kerchbron
  • 1975 : La mort d’un touriste (mini-série télé) d’Abder Isker
  • 1975 : Le pain perdu de Pierre Cardinal
  • 1976 : Les Beaux Messieurs des Bois-Doré (mini-série TV) de Bernard Borderie
  • 1977 : Rendez-vous en noir de Claude Grinberg
  • 1977 : Le loup blanc (téléfilm) de Jean-Pierre Decourt
  • 1977-1980 : Commissaire Moulin (Série télé)
  • 1978 : Madame de Sévigné : Idylle familiale avec Bussy-Rabutin de Gérard Pignol et Jacques Vigoureux : le chevalier d’Albret
  • 1979 : Les Enquêtes du commissaire Maigret, épisode : Le Fou de Bergerac d’Yves Allégret
  • 1979 : Un juge, un flic (Série télé) épisode Un alibi en béton
  • 1979 : Histoires de voyous : Des immortelles pour Mademoiselle (téléfilm) de Paul Siegrist
  • 1979 : La lumières des justes (mini-série TV) de Jean Chatenet et Jean Cosmos
  • 1980 : Patricia (La Vie des autres) d’Emmanuel Fonlladosa
  • 1980 : Le Vol d’Icare de Daniel Ceccaldi
  • 1980 : Fantômas (mini-série TV) de Claude Chabrol et Juan Luis Buñuel
  • 1980 : Légitime défense de Claude Grinberg
  • 1980 : Petit déjeuner compris (mini-série TV) de Michel Berny
  • 1981 : Médecins de nuit, épisode : La Dernière Nuit d’Emmanuel Fonlladosa
  • 1981 : Blanc, Bleu, Rouge (mini-série TV) de Yannick Andréi
  • 1982 : L’épingle noire de Dominique de Saint-Alban
  • 1982 : Le Voyageur imprudent de Pierre Tchernia
  • 1983 : Les Enquêtes du commissaire Maigret d’Alain Levent (série télévisée), épisode : La Colère de Maigret
  • 1983 : La chambre des dames (mini-séries télé) de Yannick Andréi
  • 1983 : Monsieur Abel (téléfilm) de Jacques Doillon
  • 1984 : Aveugle, que veux-tu ? de Juan Luis Buñuel
  • 1984 : Le Voyage de Michel Andrieu
  • 1984 : Le mystérieux docteur Cornélius (mini-série télé) de Maurice Frydland
  • 1984 : The Sun Also Rises (Le Soleil se lève aussi) de James Goldstone
  • 1984 : Billet doux (mini-série TV) de Michel Berny
  • 1986 : Grand hôtel (série télé) de Jean Kerchbron
  • 1987 : Le Gerfault (mini-série TV) de Marion Sarraut
  • 1989 : Panique aux Caraïbes, série télé de Jean-Claude Charnay et Serge Korber
  • 1989 : Les Grandes Familles, de Edouard Molinaro
  • 1990 : Marie Pervenche de Claude Boissol épisode : L’amnésique est bon enfant – coordinateur cascades
  • 1990 : Le mari de l’ambassadeur de François Velle – coordinateur cascades
  • 2000 : Les enfants du printemps de Marco Pico – coordinateur cascades
  • 2012 : Main courante (série TV) épisode : Dérapages​

Source Wikipédia

Kris Saint Ange

Hypersensible, Intuitive et Spirituelle, j’œuvre à vos côtés à la pleine réalisation de votre être et de vos projets. Pour un monde plus conscient.

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